Publié le 20 Juillet 2012

« Toutes nos mères sont dépressives » conforte la collaboration, entamée il y a quelques années, entre Jessica Gazon, Thibaut Nève et une équipe artistique – dont Quentin Marteau- sur des textes d’autofiction où l’inconfort du spectateur est notre credo. « Après l’homme du câble » et dans la réalisation de projets futurs où langage, famille et inconscient se mêlent pour mieux dénouer les fils de nos quotidiens, Jessica Gazon et Thibaut Nève ont fondé leur compagnie.

Notre travail basé sur l’autofiction explore une grande intimité où nos propres vies servent à élaborer la narration. On tord la réalité, on la transforme puis on la joue. Cette démarche de re-possession de soi et de son histoire produit des effets étonnants sur une salle entière, fascinée et troublée, ne sachant plus distinguer le vrai du faux.

Le texte s’est déployé à travers des improvisations qui ont donné lieu à une écriture de plateau. En l’occurrence, les inspirateurs de la pièce, c’était « nous » : acteurs, metteuse en scène, auteur. Lors de ces improvisations, nous filtrions les épisodes percutants, théâtralisables, les moments clefs et cherchions les détails qui pouvaient sembler anodins mais qui nous apparaissaient comme le lien possible entre la pointe et le dessous de l’iceberg. Ce sont ces couches de fond invisibles qu’il nous intéressait de déployer tout au long du travail afin que la catharsis ait lieu. Nous ne cherchons pas à nous rouler dans notre propre sang en souffrant de longues heures devant des spectateurs devenus otages pour leur démontrer à quel point nous sommes de pauvres choses, mais tout simplement partager un récit qui par sa sincérité, son vécu et la pudeur naturelle que cela engendre est plus touchant et juste qu’exhibitionniste. Nous visons l’identification, pas le voyeurisme. C’est d’ailleurs cet effet de miroir qui a garanti au spectacle un gros succès à sa création en mars 2011 et à sa reprise en septembre 2011 : la maman –dépressive ?- tout le monde connaît, en a, en aura, ou en sera, une !

Ce spectacle est en perpétuelle évolution. Depuis la création en mars 2011, une réécriture permanente s’opère au fur et à mesure des représentations. Certains dialoguent s’affinent, s’aiguisent. D’autres pans entiers du texte, comme la fin, sont réaménagés. Il s’agit à chaque fois d’aller à la rencontre des spectateurs et de leur ressenti, de jouer avec les sentiments d’identification et de miroirs que ces derniers ressentent. Nous avons même décidé de proposer une version avec micros en grande salle pour garantir au spectacle son intimité. Ce choix nous permettre aune captation plus aisée du spectacle.

Enfin, vous êtes face à un spectacle « belge » par son fond et son esthétique du laid, de la chose qui racle et qui mord davantage qu’elle ne caresse. Jos est flamand. Il travaille en Wallonie. Chantal est du brabant wallon, cossu. Au sein du texte et à l’image de notre pays, deux communautés, deux visions du monde cohabitent. L’une par « caricature » est empreinte de décision, de volonté, de mouvement ; l’autre d’immobilisme, de timidité, de passivité. Ces deux clichés communautaires qui ont fait le lit des mouvements séparatistes tel la NVA sont au cœur de ce texte. Nous serions ravis de faire résonner ces problématiques face à un public étranger qui aura reçu la captation du spectacle.

Jessica Gazon, Thibaut Nève.

Le Laid, l'Autofiction, l'Inconscient et l'Inconfort

Publié le 20 Juillet 2012

Le spectacle bénéficie de plusieurs configuration lui octroyant une grande modularité. D'une salle traditionelle, à une église, en passant par un gymnase, Il peut se jouer en version microtée ou non, pour des jauges réduites ou grandes, avec une très grande autonomie: simple mur de fond, quelques accroches, et le tour est joué!

Vous trouverez ci dessous notre fiche technique. N'hésitez pas à nous contacter pour les détails: gazonneve@gmail.com

Fiche technique du spectacle Toutes nos mères sont dépressives